Les vacanciers gardent de bons souvenirs de leurs vacances en Queyras, des paysages parcourus, des gens rencontrés, des activités réalisées.
Les queyrassins qui avaient quitté leur pays pour tenter leur chance dans les métropoles voisines conservaient une mémoire lumineuse de leur enfance. Ils se réunissaient entre eux et évoquaient les coutumes, les légendes, les nouvelles, ...
Et puis le Pays imaginé a disparu ...
Le Queyras n'a pas eu son Constantin Cavafy ni sa Marguerite Yourcenar, mais on peut relire leur poème [1] :
Quand tu entendras, à l’heure de minuit, une troupe invisible passer avec des musiques exquises et des voix, ne pleure pas vainement ta Fortune qui déserte enfin, tes œuvres échouées, tes projets qui tous s’avérèrent illusoires.
Comme un homme courageux qui serait prêt depuis longtemps, salue Alexandrie qui s’en va. Surtout ne commets pas cette faute : ne dis pas que ton ouïe t'a trompé ou que ce n’était qu’un songe. Dédaigne cette vaine espérance... Approche-toi de la fenêtre d’un pas ferme, comme un homme courageux qui serait prêt depuis longtemps; tu te le dois, ayant été jugé digne d’une telle ville...
Ému, mais sans t’abandonner aux prières et aux supplications des lâches, prends un dernier plaisir à écouter les sons des instruments exquis de la troupe divine, et salue Alexandrie que tu perds.