En février 1857 Pierre Blanc "de laï" écrit à son frère aîné Jean, placé à Lyon :
Je suis toujours à l'école [de la Chalp d'Arvieux] et j'en profite tant que je peux, ainsi je ne quitte pas jusqu'à la fin du mois de mars; Cet hiver je dépense 5 francs, mais je ne les regrette pas parce que j'ai beaucoup appris.
Il a 17 ans. Même en comptant le fait que les enfants travaillaient aux champs dès la bonne saison, qu'apprenait-on à l'école primaire à 17 ans ?
Un cahier conservé de son fils Jean-Pierre qui fréquente également l'école de la Chalp 40 années plus tard, à 17 ans également, nous indique un peu de ce qui était appris.
On apprenait certainement à écrire : les lettres qui nous sont parvenues témoignent d'une expression vigoureuse et d'une orthographe quasiment exacte.
On apprenait aussi le calcul : les livres de comptes transmis indiquent la capacité à suivre la marche des affaires.
Le cahier d'élève conservé contient les résumés de leçons d'instruction civique. Il s'agit essentiellement de préceptes moraux; On peut imaginer la leçon mais aucune source ne la rapporte exactement. Les thèmes portent sur la tempérance, le respect du travail, la relation aux patrons, etc ...
Quelques leçons portent sur les institutions républicaines.
Le manuel correspondant au programme de ce cours est également disponible. Il comprend trois parties :
On peut supposer que les leçons ne couvraient qu'une partie de ce programme très vaste.
Comparé à un manuel d'instruction civique de collège d'aujoud'hui (classe de 3em par exemple) ce petit livre couvre un domaine à la fois plus étendu et plus pratique.
L'école primaire de la Chalp d'Arvieux n'était donc peut-être pas, à la fin du XIX em siècle, seulement une école enfantine.